Index site
Index photos


Je porte un "syndrome d'Asperger".

Je l'ai appris à 37 ans (je suis de l'année 1968).
Ce syndrome est pour moi un diplôme qui me permet d'échapper au statut de "personne qui délire", et  "légalise" mes difficultés dans certaines situations sociales (lieux urbains, bars ou restaurants, circulation routière, travail d'équipe, interactions aux réseaux sociaux et certains ordinateurs). Je manifeste une certaine intolérance aux contraintes vestimentaires et des besoins de compenser le fort stress induit par cette "affection" qui vaut un statut d'invalidité à cause de la trop grande difficulté de fonctionner et travailler dans les environnements quotidiens associés au cadre du travail salarié.
 Je suis tout de même sociable et même capable de travailler en forêt car je puise dans le ressourcement et le contact avec la nature de quoi compenser mes difficultés sur le moment, mais me trouve en difficulté au restaurant, au bureau et tout contact sociaux qui est un calvaire épuisant. Je peux le soutenir par intermittence pour rencontrer des personnes et ne pas être reclus socialement, mais ne peux pas le soutenir dans un quotidien de vie: à chaque fois il faut des heures, voir des jours pour en récupérer, et c'est cela que les gens ne voient pas. Par contre si un contact social peut s'accompagner de serrage fort dans les bras, ça se passe beaucoup mieux, si ce contact était aisé à obtenir au quotidien, je pourrais je pense soutenir beaucoup mieux les interactions sociales et la vie urbaine.

Le syndrome d'Asperger a très probablement induit chez moi une carence de sensations qui m'ont fait rester sur ce besoin d'étreinte contenante dans laquelle je pourrais enfin m'abandonner à la sensation d'être maintenu dans les bras, mais avec un besoin de portage et de compression.
Il existe assez d'autistes manifestant ce type de besoin pour que l'on fabrique pour eux des couvertures lourdes (lestées au plomb), exprès pour que ça pèse sur le corps. Il existe un exemple médiatique du besoin de se faire comprimer le corps au point de le faire avec une machine tant le contact humain ordinaire était inadéquat (Temple Grandin). Ce besoin est largement recconnu dans certains centre pour enfant autistes qu'on soulage en leur offrant des séances d'étreintes quelques heures par semaine, tout comme on le fait aux bébé panda, mais cela on le fait aux enfants, pas aux adultes pour qui rien de tout cela n'est prévu (il existe très peu de choses pour les adultes autistes, en dehors de centre d'aides pour de l'administratif ou du relationnel en mode verbal). 

Le choix de vivre à la Réunion a été motivé par la nécessité de dégagement de contraintes climatiques le besoin de contact quotidien avec la nature, ce n'est pas vraiment un bon choix, aussi sur le plan social (la culture créole est encore moins compatible que la culture occidentale) mais j'ai construit ma vie ici..

 j'ai trouvé à Cilaos une activité en accord avec mes capacités et qui est utile: restaurer une forêt en solitaire.
Il me manque de pratiquer avec assez de régularité les étreintes fortes.