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Je porte une forme d'Autisme dite syndrome d'Asperger.

J'ai perdu mes amis (était ce vraiment des amis?) quand j'ai exprimé un besoin d'être serré fortement dans leur bras (et ça me fait plaisir aussi de le rendre si on me le fait, ce n'est pas à sens unique).
Il importe que cette expérience soit forte, ce n'est pas le simple geste d'être entouré ou une accolade, cela reste sur le plan symbolique. Ce qui compte est de bien ressentir une forte contenance et un temps suffisant pour s'abandonner dans la sensation.
Pouvoir faire ce partage appaise miraculeusement les tensions, mais à condition que ce soit autorisé. Ce qui a trait à l'autisme (le besoin de serrage, de contenance) cause une souffrance difficile à faire comprendre, augmente ce besoin d'être pris dans les bras.

Temple gredin ne pouvant obtenir cela des humains s'était fait une machine "à calins" (voir le film)

Mais avouer partager cette envie révèle chez d'autres un besoin immense et ingérable, source de vulnérabilité, honteux et ambigü  menant à se sentir immature. Céder à cela serait le chemin inverse de toute la construction psychologique faite contre" sa nature d'enfant inachevé", "pour être un grand", "un homme" ou "une femme": dans cette structure, "on" a tout fait pour oublier ce besoin de contenance pour se fixer sur une autre source de stimulation sensorielle socialement admise, sexualité y comprise, avec en sur-couche les autre preuves de recconnaissance sociale et les liens sociaux: la société repose dessus ces derniers tandis que la frustration accumulée de ne pas accéder à ce qui correspond au besoin le plus profond fait tourner à plein régime la surconsommation de produits futiles et inutiles.

Quand une relation se résume à contenir une envie d'intimité physique sous une carapace de codes sociaux mais laisse percevoir une attente affective non avouée, cela me donne plus envie de ce genre de contact, d'autant plus que je ne trouve pas d'intérêt à partager superficiellement, cela ne me donne pas la sensation de lien avec l'autre et me frustre aussi sur le plan affectif, même si je sais je ne ressens pas cette affection concrétisée par des partages autres que physiques.
Les gens âgés sont plus aptes à échanger, car ils se sont débarassés de leurs complexes à force de s'être violenté de frustration, ils ont compris, mais ils n'ont plus la santé et la force pour me serrer fortement comme j'en ai besoin et je leur fait mal en leur rendant.

"Ha! si jeunesse savait, si vieillesse pouvait."