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PERCEPTION AUTISTIQUE: TÉMOIGNAGE PERSONEL.

En ce qui me concerne, je me sens rejeté si on ne me prend pas dans les bras, mais si on m'entoure et qu'on me serre bien, alors je "glousse". C'est seulement ceux dans les bras duquel je pourrait me laisser aller jusqu'à dormir (m'endormir ou me laisser aller pour une sieste, ou la nuit, ou en cas de forte fatigue), qui ont le privilège de m'entendre m'exprimer ainsi.

Dormir dans les bras d'une personne est un abandon à l'autre avec confiance. Le concevoir autrement que dans le rapport sexuel m'a été autorisé (est paru concevable) par la vue d'un film tibétain "l'eau des yeux" où deux jeunes issus de familles éloignées se confient leur misères et décident de s'entraider pour leur études: au lieu de seulement parler, ils s'assoient sur un grand lit préparé pour la circonstance, et l'un d'eux, tout en conversant, s'endort dans les bras de l'autre: de la tendresse et de l'acceptation qui n'est pas la même chose que baiser et s'endormir après une giclette, d'ailleurs, dans l'histoire du film, ces jeunes gens capables d'intimité corporelle grandissent ainsi assez en se nourissant de tendresse pour vivre chacun avec leur femmes et enfants ensuite en étant matures, mais pas brute-épaisse, hommes tendres et aimants selon l'idéal oriental. C'est un idéal de vie que je n'aurais pas eu de mal à suivre je crois, si j'avais pu bénificier de toute cette intimité fraternelle et corporelle plus jeune. Le temps que je découvre cette carence de partage, l'opportunité de construire la vie ainsi a passé en enchainant des relations biaisées et des ruptures affectives et des échecs matériels qui ont non seulement retardé cette expérience de tendresse, mais ont considérablement amplifié l'enjeu et le besoin: J'ai demandé mes câlins d'enfant de 6 ans à 42 ans avec toute une tragédie à chialer, et  compte tenu du temps pour réparer toute sa jeunesse, puis construire un couple fiable plus le temps d'évolution des enfants c'est trop tard pour participer à la supopulation planétaire, je veux juste être consolé, et le premier ami qui m'a accepté dans ses bras a été innondé, il rentrait chez lui tout mouillé de mes larmes tant je sanglottait dans ses bras: il m'a accordé 35 heures de son temps en chialerie intensive à raison d'une heure par semaine, d'abord heureux de cet honneur puis réticent, mais en me précisant "je le fais pour t'aider, même si comme tu dit il m'en coûte" en se sacrifiant visiblement à la peur de ne pas oser me dire "NON". Merci à lui en tout cas: je crois qu'il m'a sauvé la vie (ne pas évacuer ces pleurs aurait provoqué je crois une maladie mortelle tant le stress était grand). Je suis donc "consolé", mais encore en besoin d'explorer cette sensation d'être contenu dans les bras de mes amis.

 De ce fait, demandant une telle intimité  très en retard, ces échanges sonts "gênants". J'ai du coup très peu d'amis, car la perspective de me prendre dans les bras "comme un enfant", ou simplement de s'attendre à ce que je finisse par le demander alors que l'autre le sens bien que j'en crève d'envie et qu'il se retient de céder à ma demande, fait fuir tout ceux qui ont peur d'être intimes avec moi.

 Cela a fait fuir des amis qui avaient du sentiment du moi, et même qui m'aimaient beaucoup mais n'était pas assez à l'aise eux pour me donner cette intimité, d'autant plus que ceux là avait probablement une retenue d'intimité d'autant plus forte que le lien d'amitié était fort et que du coup c'étaitplus proche d'une histoire d'Amour: tout simplement l'envie de se blottir contre l'autre quand on s'aime bien.
La révolte intérieure de ne pas avoir compris cela à temps reste d'actualité dans le ressenti: c'est révoltant de connerie, même sachant que c'est stupide de se martel en tête que c'est con et révoltant.

Tout le travail que j'ai fait là dessus ne m'a pas apporté encore le ressenti d'acceptation complet de la part des humains qui ne me prennent pas dans les bras, mais m'a apporté une explication mentale des comportements machistes ou "d'armure" associés à une hyper-sexualité "de lapin" (même pas de "lapins crètins" encore "enfants innocents").
Faute d'avoir connu la camaraderie, je visionne les lapins crètins, au moins, il n'y a pas trop de texte, c'est facile à comprendre, c'est ce que j'ai oublié de vivre à l'âge où il le fallait.