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précisez "mouarf" dans le sujet.

J'ai compris tardivement (vers 40 ans) que j'éprouvais le besoin d'être serré dans les bras: un besoin d'être entouré fermement, soulevé et porté comme on le ferait à un enfant, un besoin de câlins, différent  de ceux qui servent aux préliminaires sexuels "codifiés", mais comme je pèse 72 à 75kg et fait 1m80, la personne qui peut me donner la sensation recherchée doit être quelqu'un de costaud: ça limite considérablement les opportunités: d'autant plus que les personnes physiquement aptes sont le type même de personnes qui ont peur de "s'attendrir" ou "peur d'être PD" (surtout les altérophiles!): ceux qui peuvent physiquement le mieux me faire ce que j'ai besoin sont ceux qui ne veulent pas...

(est ce généralisable?)

J'ai découvert par "accident" (on me maitrisait d'une crise autistique) le bien que faisait d'être tenu dans les bras, en 2009, ensuite j'ai carrément demandé: après des années d'attentes je peux le faire avec quelques amis et mon neveu durant, en cumul, quelques heures par an: de pas du tout depuis des années, c'est déjà devenu "de temps en temps" et pas qu'avec une personne, avec une exclusivité dans le présent de ces échange qui est salutaire, mais c'est pas assez pour travailler régulièrement sur cette sensation et avoir une certaine continuité. Entre 2010 et 2013 je pleurais énormément de soulagement dans les bras des personnes qui me prenaient, un copain d'un club d'aviron a eu le gros lot: 35 heures de sanglots répartis sur un an au point que ces vêtements étaient carréments trempés, cette chialerie intensive est un processus de guérison important nomné "catharsis". Depuis quelques temps, je ne pleure plus c'est déjà une évolution, mais j'ai encore besoin de passer du temps serré dans les bras.

J'aimerais que quelqu'un d'entreprenant se penche sur le problème de la rareté des échanges permettant une initiation SENSORIELLE, la décharge émotionelle aussi, mais sans avoir ainsi à embarasser des amis confrontés à une telle demande dans un interdit social par bizarrerie. Le plus gênant est quand qu'on n'a pas l'appui d'une communeauté ou d'une culture et que c'est une pratique "sauvage": Chez les psy on parle, on se soigne en faisant diverses thérapies mais on ne se gave pas de la sensation de contenance et des câlins, et même pire: le contact est banni de la psychaitrie moderne qui est particulièrement inhumaine pour la partie de l'égo affiliée au corps.

 Hors, c'est là peut être la première couche de partage de la vie à réparer, celle qui concerne probablement en premier lieu les autistes mais pas seulement eux: il serait temps qu'il existe des groupes et des endroits pour travailler cela entre adultes (et entre aspis), en particulier pour ceux qui n'ont pas pu se satisfaire de leur vie de couple ou qui n'ont pas accédé à une compagnie le permettant, ou qui vivent la vie de couple et la compagnie en état de sur-adaptation sociale dans un jeu d'évitement d'une telle problématique de révélation d'imaturité, pour résister à ce genre de besoin.

Il faudrait instaurer un cadre de confiance pour ne pas faire reposer cette confiance sur une seule personne et risquer la dépendance et l'insécurité de demander trop à quelqu'un: il faudrait une structure où l'on est plusieurs à pouvoir se relayer: le besoin peut s'avérer très lourd et je pense que ce que j'ai pleuré de soulagement donne une idée du quantitatif auquel s'attendre: la charge émotionelle cumulée durant des années de retenue est un drame qui pèse aussi lourd que la mort d'un proche.

Mais faudra t-il attendre 400 ans que l'humanité soit spirituellement prête à admettre ce type de communication pour que ça soit un partage "normal"? Il paraît... j'aurais aimé avoir un corps pour le partager en l'an 2420 mais j'ai déjà perdu des dents c'est mal parti, si la planète n'explose pas d'ici là..